Après la seconde guerre de l’opium, les palais restants, ou rénovés sous l’Empereur Tongzhi (同治) sont complètement détruits en 1900, lorsque les troupes de « l’Alliance des huit nations » sont envoyées en Chine pour mater la révolte des « Boxers ».

L’Alliance des Huit Nations

Suite aux guerres de l’Opium et la mainmise des puissances coloniales sur l’économie chinoise, ainsi que l’influence culturelle occidentale sur le pays, un sentiment de révolte gronde au sein de la population chinoise. Une société secrète les Boxers, ou « milice de la justice et de la concorde » va mener des actions contre les intérêts occidentaux en Chine. Le 11 juin 1900, le secrétaire de la légation japonaise Sugiyama Akira est assassiné, et un premier « Boxer » est capturé par des soldats allemands.

Commence le  20 juin, le siège du quartier des Légations où résidaient les membres des communautés étrangères de Pékin. Plusieurs milliers de Chinois convertis au christianisme sont massacrés par les Boxers. 

Une coalition militaire de huit puissances occidentales, -Empire austro-hongrois, République française, Empire allemand, Royaume d’Italie, Empire du Japon, Empire de Russie, Royaume-Uni et États-Unis-, se constitue à Tianjin et marche vers Pékin pour libérer les légations le 14 août. Les troupes étrangères mènent alors des représailles contre les Boxers, mais aussi contre les populations civiles. La direction des opérations est confiée au comte allemand Alfred von Waldersee qui mène de nombreux raids dans les campagnes aux alentours de Beijing et se distingue par sa cruauté. Von Waldersee ne veut « pas de quartier, et aucun prisonnier !». L’ensemble des troupes alliées vont mener de terribles exactions contre les civils.

La ville de Pékin est occupée pendant plus d’un an par les troupes de l’Alliance des huit nations jusqu’à la signature du « protocole de paix Boxer » ou traité de l’année Xinchou (辛丑条约) qui impose à la Chine de payer des indemnités jusqu’en 1940, et d’ouvrir le pays aux étrangers.

Pillages et enchères

Par rapport au sac de 1860, les pillages opérés en 1900 par les huit nations sont beaucoup plus organisés, et peu d’œuvres n’échappent aux pilleurs. Alors qu’en 1860, les vols étaient restreints pour des raisons logistiques, en 1900, les militaires étrangers, présents plus d’un an à Pékin, vont méticuleusement organiser le pillage de Yuanminyuan, des palais de la capitale, dont la Cité Interdite, ainsi que des boutiques, et certains quartiers et villages. Herbert G. Squiers, secrétaire de la légation américaine à Pékin, remplit ainsi plusieurs wagons d’œuvres d’art volées qu’il ramènera aux Etats-Unis. L’ensemble des troupes alliés se livre au pillage et des enchères sont organisées dans les églises protestantes et catholiques de la ville, de façon quotidienne, sauf le dimanche.

Vente aux enchères de pièces volées

Comme le note Christine Howald, dans l’armée britannique, le pillage est règlementé, et l’ensemble des œuvres pillées devient propriétés de la couronne britannique. Le même type de règle est appliquée dans les autres armées occidentales.

Une grande partie des collections impériales disparait ainsi durant les pillages et les enchères qui s’en suivent.

Durant l’occupation de Pékin par l’alliance des huit nations en 1900, l’ancien Palais d’Eté est incendié à nouveau, et des palais qui avaient été épargnés lors de la campagne anglo-française de 1860, disparaissent à jamais.

Par la suite, durant les temps difficiles que connaîtra la Chine, sous les Seigneurs de Guerre, puis l’occupation japonaise, de nombreux arbres des jardins sont arrachés par les habitants de Pékin pour se chauffer, et des pierres sont volées ; certains jardins sont transformés en champs pour permettre aux paysans de se nourrir. 

Seules certaines ruines des palais de style baroque européen ont pu être conservées, les palais de style chinois, construits majoritairement en bois, ont tous disparu lors des incendies.  

En moins de 50 ans, les Européens ont pillé et détruit l’une des merveilles de l’Empire chinois. En 1901, l’ancien palais d’Eté a perdu sa splendeur.

Militaires des troupes de l’Alliance des Huit Nations (exceptés les soldats russes)