L’ancien Palais d’Eté aussi appelé « jardin de la clarté parfaite » était en fait constitué de plusieurs palais, tous plus magnifiques les uns que les autres. Sa construction a commencé en 1709 sous le règne de l’Empereur Kangxi (康熙) et s’est poursuivie pendant plusieurs dizaines d’années. Avant d’aménager Yuanmingyuan pour son quatrième fils le futur empereur Yongzheng (雍正帝), l’Empereur Kāngxī (1654-1722) aime à se retirer hors de la Cité Interdite, au nord de Pékin dans le jardin du printemps enjoué (暢春園) qui sera lui aussi pillé par les troupes franco-anglaises.

Comparé à Versailles, l’ancien Palais d’Eté est encore plus majestueux. L’écrivain Victor Hugo le comparait au Parthénon, aux Pyramides d’Egypte, au Colisée de  Rome ou à la cathédrale Notre-Dame de Paris.

D’une superficie de 350 hectares, soit plus de huit fois celle de la Cité interdite, Yuanmingyuan abritait près d’un millier d’édifices. Il s’agit en fait d’une petite ville avec des ateliers de soieries, des théâtres, des écoles. On y trouve aussi des marchés, où des eunuques jouent le rôle de marchands pour offrir à l’Empereur et à son entourage une atmosphère de vie urbaine. Yuanmingyuan est le parc où réside l’Empereur lorsqu’il n’effectue pas des rites à la Cité interdite. De ce fait, il dirige l’empire depuis l’ancien Palais d’Eté, et plusieurs ministères se trouvent dans le parc.

Un paradis sur terre

C’est la description que donne Jean-Denis Attiret (1702-1768), prêtre jésuite à Beijing. En effet, de nombreuses scènes sont arrangées dans les différents jardins qui abritent une faune et une flore extraordinaire. Ainsi, des magnolias et  des essences rares magnifient tout le parc. De même, des paons, des faisans, et des daims sont présents à Yuanmingyuan. On y trouve aussi des éléphants offerts en tribut par les souverains d’Asie du sud-est. Des kiosques, palais, ponts de marbre ponctuent les parcs. 

Contrairement aux jardins à la française, les jardins de Yuanmingyuan, s’ils mêlent éléments orientaux et occidentaux, ne cherchent pas à magnifier les édifices, mais à créer de multiples scènes, ou paysages, très différents les uns des autres. Bien qu’entièrement faits par l’homme, on y trouve lacs et collines  visant à recréer des paysages sauvages ou des paysages déjà existants comme le lac de l’Ouest à Hangzhou. Ces jardins répondent aux principes liés au « fengshui » : ils servent bien sûr à se promener, mais ce sont aussi des lieux de méditation.

Les trois jardins

L’ancien palais, aussi désigné sous le nom de « jardin des jardins » était constitué en trois parties bien distinctes, le premier étant le jardin de la clarté parfaite, à proprement dit (dont le nom par la suite désignera l’ensemble du site), le jardin de l’éternel printemps, et enfin le jardin du printemps élégant, qui présentaient chacun leurs propres caractéristiques.